La famille Mc Callagan était une grande famille du royaume de Percy en Angleterre. Elle vivait dans un manoir au cœur d’une clairière entourée d’une forêt de chênes. Ce manoir était très bien entretenu par une dizaine de serviteurs. Il ne comptait pas moins de huit tours, trente pièces et douze cheminées. C’était une famille riche qui possédait un très grand nombre de biens et de terres. Une grande étable leur permettait de manger leurs propres produits. Elle contenait deux vaches, quatre poules, un âne, neuf cochons mais aussi quelques lapins.

Les deux parents, August et Bénédicte Mc Callagan, avaient sept enfants. James naquit le 9 novembre 437 et fut le dernier de cette lignée. Dès sa naissance il fut rejeté par sa propre famille, parce qu’il était le seul à être roux par rapport à ses sept frères et sœurs mais aussi par rapport à ses parents. Son enfance fut très difficile. Ses frères ne jouaient pas avec lui, ses sœurs se moquaient de lui à longueur de journée et ses parents ne l’aimaient pas, pas plus qu’un simple animal. Il ne dormait pas dans le manoir mais dans l’étable réchauffée seulement par la présence des cochons.

La nuit du 17 juin 442, tandis que James dormait à même le sol sur un tapis de paille souillé, sans confort, et que sa famille dormait paisiblement, des pillards arrivèrent de la forêt. Ils défoncèrent la porte du grand manoir puis ils prirent l’or qui était caché dans une boîte à l’intérieur d’un coffre en bois là où tous les biens des Mc Callagan ou presque se trouvaient. Ils continuèrent à chercher d’autres objets de valeur. Ils partirent du manoir, puis allumèrent un feu avec les meubles désossés dans le hall du manoir pour que toutes les sorties soient neutralisées, puis partirent se cacher dans la forêt, derrière les troncs des chênes centenaires. Après quelques minutes, des énormes flammes sortirent du toit du manoir. Ils partirent, laissant là le manoir ainsi que la famille probablement morte brûlée.

Dès l’aube, James fut réveillé par une odeur de brûlé. Il se leva en direction de cette odeur. Il vit que le manoir était en cendres et qu’il n’y avait plus aucun mur, que tout avait été détruit par les flammes. Il n’y avait plus aucune trace de vie de sa famille. Alors il comprit qu’ils étaient morts dans l’incendie et qu’il était le seul à y avoir survécu. Un sentiment d’inquiétude mêlé à du soulagement l’envahit. Il était désormais seul, sans famille, sans biens, sans rien, à cinq ans, avec une famille morte brûlée vive.

James repartit vers l’étable, laissant le manoir en ruine, et il donna à manger de la paille et du grain aux animaux. Il décida alors d’aller dans la forêt chercher à manger. Il y trouva des fruits rouges et des baies. Il partit ensuite vers le lac, qui se trouvait à quelques centaines de mètres du manoir. Il but de l’eau et se lava le visage pour retrouver ses esprits. Il regarda un instant son reflet en se demandant ce qu’il faisait là. Pourquoi était-il le seul à être en vie ? Pourquoi lui ?
Un bruit dans les buissons se fit entendre et le sortit de ses pensées. Il se retourna puis vit deux yeux brillants le fixer. Intrigué par ces yeux, il marcha vers les buissons, les enjamba, et aperçut un magnifique renard. Sur le coup, il prit peur et le renard s’enfuit.

James repartit vers la ferme où il s’enferma, de peur que le renard vienne l’attaquer ou attaquer les animaux de le ferme. Mais il décida, après s’être ennuyé, de sortir de la ferme. Il prit alors la décision de prendre le bracelet en or qu’il avait volé dans le manoir, quand il faisait le ménage. Il n’avait pas le choix que de vendre les animaux de la ferme à contrecœur, pour acheter de la nourriture pour ne pas mourir de faim et de soif. Il partit alors vers le village avec les animaux et le bracelet afin de vendre tout cela.

Une femme, qui était habillée de la même façon que sa « famille », avec des airs de riche, lui acheta les animaux et le bracelet qui l’avait principalement intéressée. Elle lui donna quelques piécettes d’or en échange. Il repartit vers le manoir, toujours en ruines. Il se dit qu’il n’en avait rien à faire que ces gens-là soient morts puisqu’ils l’avaient rejeté et laissé vivre dans la ferme, juste parce qu’il était roux. Juste parce qu’il était le dernier Mc Callagan à être né. De plus, ces personnes là l’avaient pris pour leur esclave. Maintenant, il était maintenant libre de faire ce qu’il l’enchante.

Il partit loin de ce lieu de malheur, vers la forêt où une idée lui était venue par la tête : construire avec son argent et ses propres moyens une petite maison en bois, isolée et loin de chez lui.
Après des semaines de construction, sa petite maison fut finie, ce qui le réjouit. Il était enfin chez lui. Il la trouvait jolie, sa cabane. Il vécut alors pendant quatre mois dans sa cabane en bois, avec son argent et ses vivres. Il pouvait se promener, s’amuser dans la forêt sans avoir de compte à rendre.

Alors que la nuit du 6 Octobre 442 était en train de tomber et que les étoiles allaient bientôt se montrer, James but une dernière soupe avec les quelques légumes lui restant qui venaient du village le plus proche et beaucoup d’eau. Mais il n’avait plus beaucoup de ressources.
Il entendit des gens parler non loin de sa cabane, alors il alla voir à la fenêtre. Il vit un petit groupe de trois bandits s’approcher de la cabane tout en parlant, des torches à la main. Il prit donc les quelques pièces d’or qui lui restaient et quelques provisions qu’il mit en vitesse dans sa sacoche.
Ainsi, il ouvrit la porte, puis courut.
Alerté par les bruits de pas, un des trois bandits se mit à poursuivre le garçon. James se retourna pour localiser les trois hommes lorsqu’il vit un des bandits le suivre en courant. Il ne cessait de se retourner par crainte que le bandit ne le rattrape, mais il trébucha sur une souche de bois mort et se retrouva à terre. Le bandit n’eut que très peu de mal à le rattraper et l’assomma avec une massue.

En se réveillant tout étourdi, le matin du 7 octobre 442, James se rendit compte qu’il n’avait plus sa sacoche. Et qu’il n’était pas seul. Une jeune renarde blessée gisait à ses coté. Elle avait une patte cassée et se léchait. James pris peur, puis ressentit de l’affection pour elle. Il était désorienté, se retrouvait dans une forêt qu’il ne connaissait pas, avec la sensation d’être passé très proche de la mort. En se penchant sur la renarde, il lui parla pour la rassurer et tout étonné se rendit compte qu’elle lui avait répondu et qu’il la comprenait… sûrement le coup sur la tête.

Un mois plus tard, une fois celle-ci guérie, commençant à porter de l’affection envers l’humain, James se rendit compte que lui aussi était très attaché à cette renarde. Il décida alors de rester avec elle plus longtemps que prévu et lui raconta alors sa petite vie difficile :

– Tu sais, je vivais au Royaume de Percy, je suis fils d’August Mc Callagan et Bénédicte Mc Callagan. J’avais sept frères et sœurs qui me maltraitaient et mes parents m’ont rejeté, tout ça, parce que je suis roux ! Ils vivaient tous ensemble dans le château, pendant que moi, j’étais dans la grange avec les bestiaux à l’écart. Le 12 Juin 442, le château a été attaqué par des pillards, qui le brûlèrent avec toute ma famille à l’intérieur. Ils sont donc décédés dans cet « incendie ». Moi, comme j’étais dans la grange, comme d’habitude, j’ai échappé à ce drame. Vivant seul, n’ayant plus de ressources, je suis venu dans la forêt, je t’ai rencontrée, et maintenant voilà où nous en sommes…

Après cette histoire, la jeune renarde étant toute peinée, elle s’occupa de James comme s’il était son fils. Elle lui donna tout l’amour du monde, tout ce qu’elle aurait donné si elle avait un fils.

Seize années passèrent, et la complicité de nos deux amis leur permettait de vivre dans le bonheur. James racontait son histoire d’humain à la renarde, et elle lui apprenait la ruse. Un jour, alors que la renarde était en chasse avec James, ils virent sur la rive d’un fleuve deux bateaux bizarres.
C’était des drakkars de vikings qui remontaient le courant à la rame dans l’espoir de piller quelques ressources aux Anglais. La renarde, déjà âgée, expliqua à James que sa vie allait bientôt se terminer et qu’il fallait qu’il retrouve ses congénères humains pour poursuivre sa vie. En regardant les vikings, il compris que c’était avec eux que son voyage allait se poursuivre, qu’il allait découvrir le monde à la rencontre de nouveaux horizons. Il entreprit donc d’aller à leur rencontre.

Après de longs adieux avec sa complice, il décida de marcher le long du fleuve pour se faire repérer, ce qui fut le cas. Les navires accostèrent et James les salua angoissé toutefois par la rencontre de ces barbares. Il leur parla dans leur langage, et fit comprendre qu’il connaissait bien les lieux et pourrait les aider dans leur quête en échange de quoi, il serait matelot sur leur drakkar. Les vikings acceptèrent et James monta à bord le 3 avril 458.

Durant ce périple, et après de nombreuses victoires successives contre les Saxons, James était devenu ami avec Ouraldson, un viking qui pratiquait la sorcellerie. Il lui expliquait qu’il pouvait voir l’avenir mais aussi contrôler les êtres. James lui avait expliqué qu’il pouvait communiquer avec les renards, ce qui interressait beaucoup Ouraldson. Son nouvel ami lui expliqua qu’ils partiraient bientôt, au printemps prochain, pour une contrée nouvelle, la Franci, et que ce voyage ne serait que le début d’une longue route sinueuse vers sa destinée.

Le printemps suivant, le camp des vikings fut levé et les navires prêts au long voyage qu’ils voulaient entreprendre : partir découvrir la Franci en remontant un fleuve appelé la Seinoise.
La traversée fut difficile et quelques drakkars coulèrent. Mais à l’arrivée, à l’embouchure de la Seinoise, les esprits se ressaisirent. Ils remontèrent le fleuve suffisamment haut pour se sentir en pleine Franci. Ils débarquèrent et montèrent le camp sur les rives de la Seinoise. Les tentes étaient de simples toiles tendues et les barricades, de simples pieux de bois taillés.
Après une nuit festive, les vikings partirent à la découverte de cette Franci tant rêvée. Ils arrivèrent au pied d’une citée fortifiée lourdement gardée par des arbalétriers et des archers. En dix minutes, la moitié des vikings furent décimés et le reste s’enfuit. James vit son ami mourir d’une flèche plantée en plein cœur et décida de s’enfuir avec les autres. Il rejoignit ainsi un groupe d’hommes en direction du camp. Des cavaliers vinrent ensuite pour les tuer et James fut le seul à s’en sortir.

Il errait dans la forêt lorsqu’il aperçut une petite fermette dans une clairière et se permit d’entrer. Vivait dans cette maison une famille de fermiers, isolée de la cité si lourdement protégée. Il y resta quelques semaines, aidant les fermiers pour les récoltes. Un soir, lorsqu’ils étaient en train de souper, le vieille homme dit à James :

– Sais-tu lire ?

James, n’ayant jamais appris, lui répondit non, mais à l’approche du livre, il se mit à reconnaitre des lettres, des syllabes, des mots… Il récupéra le vieux livre et s’aperçut que c’était en réalité un grimoire de sorcier.

Deux années passèrent. Les fermiers étaient devenus amis et le plus jeune, Edguar, avait l’âge de travailler. James voulut voir du pays et exercer librement tous les secrets de ce fameux manuscrit. Il partit de cette fermette avec la ferme intention de réussir son avenir.
Il marchait plusieurs lieues par jour, restait dans la forêt pour s’exercer à la création de potions, reconnaissait absolument toutes les plantes et les arbres, savait se repérer rien qu’au bruissement des feuilles. L’Hiver arriva et James ne voulut courir aucun danger. Il trouva dans son périple solitaire un petit village : Redderum. Il était structuré autour d’une unique rue passante, avec des maisons toutes reliées les unes aux autres. Le perron était recouvert d’une tonnelle ornée de vigne vierge et une porte emmenait vers une cave.
C’est dans une maison comme celle la que James s’installa, la cave lui servant de laboratoire.

En 478, James Mac Callagan unit ses forces avec trois autres illustres magiciens pour fonder le Circulum Magicae dans le petit bourg de Mons Cornutus, afin d’y former les praticiens des arts occultes à l’abri des pouvoirs politiques et religieux de cette époque.

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