Description à venir…

Partager :
Temps de lecture : 1 minute(s)

– Comment allez-vous ? J’espère que vous avez lu ce que j’ai écrit cet été sur la réunion de la Confédération internationale des mages et sorciers ?
– Merveilleusement fielleux. J’ai particulièrement apprécié la formule que vous avez employée à mon sujet : « Un vieil ahuri d’un autre âge ».
Rita Skeeter, Albus Dumbledore

CercleMagusCiviMagiques
Partager :
Temps de lecture : 1 minute(s)

« Être un bon sorcier ne se résume pas à balbutier bêtement des incantations. Vous devrez faire preuve de créativité. De rigueur. De détermination. Mais surtout, vous devrez être solidaires. »

AtelierSortilegesEnchantements
Partager :
Temps de lecture : 1 minute(s)


Quand j’avais sept ans, j’habitais en Grèce avec mes parents, à Cephallerie, dans une petite maison en bois comme une famille ordinaire.

Quelques années plus tard, pendant une nuit, j’entendis des bruits de pièges à loups. J’allai regarder par la fenêtre et vis les ombres de deux personnes. Je retournai me coucher.
Le lendemain, j’allai dans la forêt pour cueillir des champignons pour mon remède qui permettait de soigner les animaux. Je trouvai des pièges partout, je les déclenchai pour que les animaux ne s’y trouvent pas coincés. J’aperçus alors une patte blanche dans un buisson de ronces. En m’approchant, je vis que c’était une Licorne.
Je n’en revenais pas. En voyant que la licorne était coincée dans un piège à loups, j’essayai d’écarter les ronces avec mes mains quand je découvris l’esprit de la forêt dont on parlait uniquement dans les légendes.
Voyant que j’aidais les animaux, il me conféra un pouvoir, celui de la nature, car je n’avais pas besoin de forcer plus. Le buisson s’ouvrit de lui-même. Je m’approchai pour ouvrir le piège à loups. Après l’avoir ouvert, je regardai la licorne et la caressai. D’un seul coup, je me suis dit que tout était possible. Avant de partir, je me retournai pour la regarder une dernière fois, mais elle avait déjà disparu.
Je ne revis pas la Licorne, mais pendant quelques temps, je continuai à utiliser les animaux et à utiliser mon pouvoir.

Un jour, l’hiver se rapprochant, je décidai d’aller cueillir des plantes pour mon remède qui tiendrait tout l’hiver. A chaque fois, je les faisais repousser pour ne pas abîmer la nature.
C’était un autre soir où, comme à mon habitude, je me baladais. Sur le chemin du retour, je vis, au loin, ma maison en feu. Je paniquai en suppliant les flammes de s’éteindre, mais elles grandissaient inlassablement.
Je posai un doigt sur mes lèvres en faisant signe aux animaux de ne pas s’affoler. Le feu commença à s’éteindre lentement. Je regardai partout autour de moi, n’en croyant pas mes yeux, et vis la Licorne derrière moi.
Je la remerciai et je compris alors que la Licorne m’avait octroyé un don : celui de pouvoir manipuler le feu.

Quand je pensais à la licorne que j’avais sauvée, cela me rendait heureuse. De temps en temps, elle venait me rendre visite. Mais au bout d’un certain temps, je ne la vis plus. J’étais inquiète, alors je décidai de partir à sa recherche.
Au bout d’un moment, j’arrivai dans un pays rempli d’écureuil. J’étais époustouflée. Les écureuils me virent et vinrent me demander si je voulais jouer avec eux. Je refusai, leur expliquant que j’étais à la recherche de quelqu’un. Mais ils insistèrent, et je finis par accepter. On jouait bien, quand soudain, ils sautèrent sur moi, m’attrapèrent et me jetèrent dans une prison. Je les suppliais de me libérer lorsque j’entendis une petite voix derrière moi. Je tournai la tête et aperçus un écureuil à deux queues. Je lui demandai ce qu’il faisait là, et il me dit que c’était un roi qui avait été trahi par son peuple, ces mêmes écureuils qui venaient de me capturer.
Pendant ce temps, la Licorne revint chez moi, mais je n’y étais pas. Elle partit à ma recherche, traversant même la Montagne des Griffons, le Volcan des Phœnix et la Plage des Sirènes, mais je n’y étais pas non plus.
Elle se dit alors que j’étais peut-être aux pays des Ratatoskr. Elle pensa aussi que je lui avais sauvé la vie et qu’elle devait me rendre la pareille. Elle prit son courage à deux pattes et poursuivit ses recherches. Arrivée au pays des Ratatoskr, les écureuils se dirent qu’ils avaient déjà vu la Licorne, et ils allèrent vers elle avec un air menaçant. La Licorne leur ordonna d’arrêter et de me sortir de prison. Elle conclut un marché et réussit à me faire libérer, à condition d’emmener le Ratatoskr avec nous.

Après cette mésaventure, nous repartîmes tous les trois sains et saufs, et c’est ainsi, après toutes ces histoires, que notre amitié vit le jour.
Plus tard, je croisai sur ma route d’autres personnes aux pouvoirs étranges, et nous décidâmes de nous entraider pour développer nos pouvoirs respectifs.
Mais de ce temps, les personnes comme nous, les sorciers, étaient brûlées vives.
Ainsi, en 478, pour nous protéger, je décidai d’unir mes forces avec trois autres illustres magiciens pour fonder le Circulum Magicae, dans le petit bourg de Mons Cornutus, afin d’y former les praticiens des arts occultes à l’abri des pouvoirs politiques et religieux de cette époque.

Partager :
Temps de lecture : 4 minute(s)

La famille Mc Callagan était une grande famille du royaume de Percy en Angleterre. Elle vivait dans un manoir au cœur d’une clairière entourée d’une forêt de chênes. Ce manoir était très bien entretenu par une dizaine de serviteurs. Il ne comptait pas moins de huit tours, trente pièces et douze cheminées. C’était une famille riche qui possédait un très grand nombre de biens et de terres. Une grande étable leur permettait de manger leurs propres produits. Elle contenait deux vaches, quatre poules, un âne, neuf cochons mais aussi quelques lapins.

Les deux parents, August et Bénédicte Mc Callagan, avaient sept enfants. James naquit le 9 novembre 437 et fut le dernier de cette lignée. Dès sa naissance il fut rejeté par sa propre famille, parce qu’il était le seul à être roux par rapport à ses sept frères et sœurs mais aussi par rapport à ses parents. Son enfance fut très difficile. Ses frères ne jouaient pas avec lui, ses sœurs se moquaient de lui à longueur de journée et ses parents ne l’aimaient pas, pas plus qu’un simple animal. Il ne dormait pas dans le manoir mais dans l’étable réchauffée seulement par la présence des cochons.

La nuit du 17 juin 442, tandis que James dormait à même le sol sur un tapis de paille souillé, sans confort, et que sa famille dormait paisiblement, des pillards arrivèrent de la forêt. Ils défoncèrent la porte du grand manoir puis ils prirent l’or qui était caché dans une boîte à l’intérieur d’un coffre en bois là où tous les biens des Mc Callagan ou presque se trouvaient. Ils continuèrent à chercher d’autres objets de valeur. Ils partirent du manoir, puis allumèrent un feu avec les meubles désossés dans le hall du manoir pour que toutes les sorties soient neutralisées, puis partirent se cacher dans la forêt, derrière les troncs des chênes centenaires. Après quelques minutes, des énormes flammes sortirent du toit du manoir. Ils partirent, laissant là le manoir ainsi que la famille probablement morte brûlée.

Dès l’aube, James fut réveillé par une odeur de brûlé. Il se leva en direction de cette odeur. Il vit que le manoir était en cendres et qu’il n’y avait plus aucun mur, que tout avait été détruit par les flammes. Il n’y avait plus aucune trace de vie de sa famille. Alors il comprit qu’ils étaient morts dans l’incendie et qu’il était le seul à y avoir survécu. Un sentiment d’inquiétude mêlé à du soulagement l’envahit. Il était désormais seul, sans famille, sans biens, sans rien, à cinq ans, avec une famille morte brûlée vive.

James repartit vers l’étable, laissant le manoir en ruine, et il donna à manger de la paille et du grain aux animaux. Il décida alors d’aller dans la forêt chercher à manger. Il y trouva des fruits rouges et des baies. Il partit ensuite vers le lac, qui se trouvait à quelques centaines de mètres du manoir. Il but de l’eau et se lava le visage pour retrouver ses esprits. Il regarda un instant son reflet en se demandant ce qu’il faisait là. Pourquoi était-il le seul à être en vie ? Pourquoi lui ?
Un bruit dans les buissons se fit entendre et le sortit de ses pensées. Il se retourna puis vit deux yeux brillants le fixer. Intrigué par ces yeux, il marcha vers les buissons, les enjamba, et aperçut un magnifique renard. Sur le coup, il prit peur et le renard s’enfuit.

James repartit vers la ferme où il s’enferma, de peur que le renard vienne l’attaquer ou attaquer les animaux de le ferme. Mais il décida, après s’être ennuyé, de sortir de la ferme. Il prit alors la décision de prendre le bracelet en or qu’il avait volé dans le manoir, quand il faisait le ménage. Il n’avait pas le choix que de vendre les animaux de la ferme à contrecœur, pour acheter de la nourriture pour ne pas mourir de faim et de soif. Il partit alors vers le village avec les animaux et le bracelet afin de vendre tout cela.

Une femme, qui était habillée de la même façon que sa « famille », avec des airs de riche, lui acheta les animaux et le bracelet qui l’avait principalement intéressée. Elle lui donna quelques piécettes d’or en échange. Il repartit vers le manoir, toujours en ruines. Il se dit qu’il n’en avait rien à faire que ces gens-là soient morts puisqu’ils l’avaient rejeté et laissé vivre dans la ferme, juste parce qu’il était roux. Juste parce qu’il était le dernier Mc Callagan à être né. De plus, ces personnes là l’avaient pris pour leur esclave. Maintenant, il était maintenant libre de faire ce qu’il l’enchante.

Il partit loin de ce lieu de malheur, vers la forêt où une idée lui était venue par la tête : construire avec son argent et ses propres moyens une petite maison en bois, isolée et loin de chez lui.
Après des semaines de construction, sa petite maison fut finie, ce qui le réjouit. Il était enfin chez lui. Il la trouvait jolie, sa cabane. Il vécut alors pendant quatre mois dans sa cabane en bois, avec son argent et ses vivres. Il pouvait se promener, s’amuser dans la forêt sans avoir de compte à rendre.

Alors que la nuit du 6 Octobre 442 était en train de tomber et que les étoiles allaient bientôt se montrer, James but une dernière soupe avec les quelques légumes lui restant qui venaient du village le plus proche et beaucoup d’eau. Mais il n’avait plus beaucoup de ressources.
Il entendit des gens parler non loin de sa cabane, alors il alla voir à la fenêtre. Il vit un petit groupe de trois bandits s’approcher de la cabane tout en parlant, des torches à la main. Il prit donc les quelques pièces d’or qui lui restaient et quelques provisions qu’il mit en vitesse dans sa sacoche.
Ainsi, il ouvrit la porte, puis courut.
Alerté par les bruits de pas, un des trois bandits se mit à poursuivre le garçon. James se retourna pour localiser les trois hommes lorsqu’il vit un des bandits le suivre en courant. Il ne cessait de se retourner par crainte que le bandit ne le rattrape, mais il trébucha sur une souche de bois mort et se retrouva à terre. Le bandit n’eut que très peu de mal à le rattraper et l’assomma avec une massue.

En se réveillant tout étourdi, le matin du 7 octobre 442, James se rendit compte qu’il n’avait plus sa sacoche. Et qu’il n’était pas seul. Une jeune renarde blessée gisait à ses coté. Elle avait une patte cassée et se léchait. James pris peur, puis ressentit de l’affection pour elle. Il était désorienté, se retrouvait dans une forêt qu’il ne connaissait pas, avec la sensation d’être passé très proche de la mort. En se penchant sur la renarde, il lui parla pour la rassurer et tout étonné se rendit compte qu’elle lui avait répondu et qu’il la comprenait… sûrement le coup sur la tête.

Un mois plus tard, une fois celle-ci guérie, commençant à porter de l’affection envers l’humain, James se rendit compte que lui aussi était très attaché à cette renarde. Il décida alors de rester avec elle plus longtemps que prévu et lui raconta alors sa petite vie difficile :

– Tu sais, je vivais au Royaume de Percy, je suis fils d’August Mc Callagan et Bénédicte Mc Callagan. J’avais sept frères et sœurs qui me maltraitaient et mes parents m’ont rejeté, tout ça, parce que je suis roux ! Ils vivaient tous ensemble dans le château, pendant que moi, j’étais dans la grange avec les bestiaux à l’écart. Le 12 Juin 442, le château a été attaqué par des pillards, qui le brûlèrent avec toute ma famille à l’intérieur. Ils sont donc décédés dans cet « incendie ». Moi, comme j’étais dans la grange, comme d’habitude, j’ai échappé à ce drame. Vivant seul, n’ayant plus de ressources, je suis venu dans la forêt, je t’ai rencontrée, et maintenant voilà où nous en sommes…

Après cette histoire, la jeune renarde étant toute peinée, elle s’occupa de James comme s’il était son fils. Elle lui donna tout l’amour du monde, tout ce qu’elle aurait donné si elle avait un fils.

Seize années passèrent, et la complicité de nos deux amis leur permettait de vivre dans le bonheur. James racontait son histoire d’humain à la renarde, et elle lui apprenait la ruse. Un jour, alors que la renarde était en chasse avec James, ils virent sur la rive d’un fleuve deux bateaux bizarres.
C’était des drakkars de vikings qui remontaient le courant à la rame dans l’espoir de piller quelques ressources aux Anglais. La renarde, déjà âgée, expliqua à James que sa vie allait bientôt se terminer et qu’il fallait qu’il retrouve ses congénères humains pour poursuivre sa vie. En regardant les vikings, il compris que c’était avec eux que son voyage allait se poursuivre, qu’il allait découvrir le monde à la rencontre de nouveaux horizons. Il entreprit donc d’aller à leur rencontre.

Après de longs adieux avec sa complice, il décida de marcher le long du fleuve pour se faire repérer, ce qui fut le cas. Les navires accostèrent et James les salua angoissé toutefois par la rencontre de ces barbares. Il leur parla dans leur langage, et fit comprendre qu’il connaissait bien les lieux et pourrait les aider dans leur quête en échange de quoi, il serait matelot sur leur drakkar. Les vikings acceptèrent et James monta à bord le 3 avril 458.

Durant ce périple, et après de nombreuses victoires successives contre les Saxons, James était devenu ami avec Ouraldson, un viking qui pratiquait la sorcellerie. Il lui expliquait qu’il pouvait voir l’avenir mais aussi contrôler les êtres. James lui avait expliqué qu’il pouvait communiquer avec les renards, ce qui interressait beaucoup Ouraldson. Son nouvel ami lui expliqua qu’ils partiraient bientôt, au printemps prochain, pour une contrée nouvelle, la Franci, et que ce voyage ne serait que le début d’une longue route sinueuse vers sa destinée.

Le printemps suivant, le camp des vikings fut levé et les navires prêts au long voyage qu’ils voulaient entreprendre : partir découvrir la Franci en remontant un fleuve appelé la Seinoise.
La traversée fut difficile et quelques drakkars coulèrent. Mais à l’arrivée, à l’embouchure de la Seinoise, les esprits se ressaisirent. Ils remontèrent le fleuve suffisamment haut pour se sentir en pleine Franci. Ils débarquèrent et montèrent le camp sur les rives de la Seinoise. Les tentes étaient de simples toiles tendues et les barricades, de simples pieux de bois taillés.
Après une nuit festive, les vikings partirent à la découverte de cette Franci tant rêvée. Ils arrivèrent au pied d’une citée fortifiée lourdement gardée par des arbalétriers et des archers. En dix minutes, la moitié des vikings furent décimés et le reste s’enfuit. James vit son ami mourir d’une flèche plantée en plein cœur et décida de s’enfuir avec les autres. Il rejoignit ainsi un groupe d’hommes en direction du camp. Des cavaliers vinrent ensuite pour les tuer et James fut le seul à s’en sortir.

Il errait dans la forêt lorsqu’il aperçut une petite fermette dans une clairière et se permit d’entrer. Vivait dans cette maison une famille de fermiers, isolée de la cité si lourdement protégée. Il y resta quelques semaines, aidant les fermiers pour les récoltes. Un soir, lorsqu’ils étaient en train de souper, le vieille homme dit à James :

– Sais-tu lire ?

James, n’ayant jamais appris, lui répondit non, mais à l’approche du livre, il se mit à reconnaitre des lettres, des syllabes, des mots… Il récupéra le vieux livre et s’aperçut que c’était en réalité un grimoire de sorcier.

Deux années passèrent. Les fermiers étaient devenus amis et le plus jeune, Edguar, avait l’âge de travailler. James voulut voir du pays et exercer librement tous les secrets de ce fameux manuscrit. Il partit de cette fermette avec la ferme intention de réussir son avenir.
Il marchait plusieurs lieues par jour, restait dans la forêt pour s’exercer à la création de potions, reconnaissait absolument toutes les plantes et les arbres, savait se repérer rien qu’au bruissement des feuilles. L’Hiver arriva et James ne voulut courir aucun danger. Il trouva dans son périple solitaire un petit village : Redderum. Il était structuré autour d’une unique rue passante, avec des maisons toutes reliées les unes aux autres. Le perron était recouvert d’une tonnelle ornée de vigne vierge et une porte emmenait vers une cave.
C’est dans une maison comme celle la que James s’installa, la cave lui servant de laboratoire.

En 478, James Mac Callagan unit ses forces avec trois autres illustres magiciens pour fonder le Circulum Magicae dans le petit bourg de Mons Cornutus, afin d’y former les praticiens des arts occultes à l’abri des pouvoirs politiques et religieux de cette époque.

Partager :
Temps de lecture : 11 minute(s)

Je m’appelle Louna Nocturis, et voici l’histoire de la maison Crocs-de-Nuit.
Mon histoire.

Je n’ai pas eu une enfance facile, comme la plupart des sorciers de notre temps. Lorsque mes parents ont compris que je n’étais pas comme les autres, ils ont commencé à avoir peur de moi. Et lorsque je suis devenue ce que je suis aujourd’hui, ils m’ont tout simplement abandonnée.

C’était un après-midi comme les autres. Ma mère et moi avions l’habitude d’aller cueillir des fraises des bois dans la forêt, aux abords de Carcasso, et j’adorais me cacher derrière les arbres pour lui faire peur. Mais ce jour-là, à trop vouloir jouer, j’ai fini par me perdre.
Lorsque la nuit est tombée, j’ai eu le sentiment que quelque chose m’observait. Mon intuition était bonne. Une monstrueuse créature a surgi devant moi et a planté ses crocs jaunes dans ma gorge.
J’avais seulement cinq ans, et j’étais déjà condamnée.

Je ne sais pas comment j’ai survécu à cette nuit. Mes parents étaient parvenus à me retrouver et avaient recousu ma blessure, mais mon cou allait garder une cicatrice pour toujours.
Chaque nuit, je faisais d’horribles cauchemars et me réveillais en sueur. Les journées étaient pires. Je me sentais faible, malade, différente. Puis tout a basculé.

Un soir de pleine lune, j’ai perdu le contrôle. Nous étions à table lorsque cela s’est produit. La viande avait un goût différent. J’avais faim. J’en voulais toujours plus. Je crois que j’étais en colère. Et j’avais mal. Très mal. Mon corps a commencé à se transformer. Mon visage s’est allongé. Mes ongles sont devenus des griffes. Ma peau s’est recouverte d’une fourrure blanche épaisse.
Je me suis tournée vers mon père, et tout est devenu noir.

Lorsque je me suis réveillée, je n’étais plus chez moi. Un vieillard m’avait retrouvée dans la forêt, inconsciente, et m’avait ramenée chez lui, dans une petite hutte au cœur de la forêt. Il avait un visage très amical, avec des cheveux grisonnants et une fine barbe argentée, mais il n’arrêtait pas de râler.
Andoral – c’était son nom – était un alchimiste qui passait toutes ses journées à préparer des potions étranges avec les herbes qu’il ramassait dans la forêt/

Quand la prochaine pleine lune est arrivée, il m’a forcée à boire l’une de ses potions. C’était horrible. Pourtant, je n’étais plus en colère. Je ne ressentais plus aucune douleur. Et lorsque je me suis transformée à nouveau, j’ai découvert le monde d’une nouvelle manière. J’étais devenue plus forte, plus rapide. Ma vue était perçante, et mon ouïe très fine.
J’étais devenue une louve, et j’adorais ça.

Pendant presque douze ans, j’ai appris à reconnaître les différentes plantes de la forêt et à fabriquer moi-même certaines potions. Andoral m’a enseigné la magie, et j’ai alors compris pourquoi les gens « normaux » avaient peur des sorciers.
J’aimais cette vie, mais on me l’a enlevée.

Un soir, des Tervinges ont frappé à notre porte. Après avoir pris le contrôle de Carcasso, ils voulaient étendre leur emprise jusque dans notre forêt.
Andoral a tenté de les repousser à l’aide de la magie, mais les envahisseurs étaient beaucoup trop nombreux. J’ai voulu le rejoindre pour lui porter secours, mais il m’a lancé un sortilège de stupéfixion pour immobiliser mon corps.

L’affrontement a duré plus d’une heure. Mon maître était épuisé, et ses adversaires en ont finalement profité pour le renverser et se jeter sur lui. Mais ils ne l’ont pas tué. Ils voulaient d’abord le faire souffrir.
J’étais folle de rage, et je sentais la colère m’envahir. Dans le ciel, la lune était pleine. Ce soir-là, je n’avais pas bu la potion qui me permettait de me contrôler. Ma transformation a brisé le sortilège qui me retenait prisonnière, et je me suis ruée sur mes ennemis.
Lorsque je suis revenue à moi, tous mes ennemis étaient morts. Andoral aussi. Dans ma rage, je l’avais tué.

Plus rien ne me retenait à Carcasso, alors je suis partie vers le nord de la France pour échapper aux Wisigoths.
Depuis ce jour, j’ai trouvé le moyen de contrôler mes transformations par la simple force de ma volonté. J’ai développé en secret mes compétences de sorcellerie et rallié à ma cause des personnes qui, comme moi, ont été rejetées pour ce qu’elles sont.

Ensemble, nous brillons dans l’obscurité.

Partager :
Temps de lecture : 4 minute(s)

L’Histoire du fondateur de la maison Mortarion se perd dans les méandres du passé à une époque où la transmission était encore majoritairement orale et où les mythes et les légendes se fondaient dans la réalité. Les vestiges qui nous sont parvenus sont maigres et souvent incomplets. Tout ce dont on est certain c’est qu’en 478, Dagmar Mortarion unit ses forces avec trois autres illustres magiciens pour fonder le Circulum Magicae, vulgairement appelé le « Cercle Magus » de nos jours, dans le petit bourg de Mons Cornutus, afin d’y former les praticiens des arts occultes à l’abri des pouvoirs politiques et religieux de cette époque.

Selon les légendes Dagmar Mortarion est originaire de Scandinavie, probablement la Suède comme le laissent supposer les sources les plus anciennes. Il y vivait modestement avec sa famille. On sait qu’il possédait un frère et une sœur mais leurs noms ont été oubliés avec le temps. Ses parents Björn et Brynja étaient des skaldes, des guérisseurs-poètes nomades très répandus à l’époque dans cette région du continent. Tous avaient la particularité d’avoir les yeux vairons, l’un saphir, l’autre jade. Cela leur valait une mauvaise réputation expliquant leur mode de vie. Ils ne restaient jamais plus de quelques jours au même endroit. Peu importe, la famille s’en accommodait avec plaisir, traversant les villages pour y jouer les grandes Eddas où pour y apporter des soins à qui en avait besoin. À quelques rares occasions des seigneurs de guerre venaient trouver Björn pour qu’il leur déchiffre les runes. Ces petites pierres gravées étaient censées percer le voile des futurs possible. Transmises de génération en génération, le père de famille ne s’en séparait jamais.

Alors âgé de 16 ans ans, Dagmar était un jeune homme athlétique, de trois bonnes coudées et demi de hauteurs, à la peau tannée par le rude climat local. De longs cheveux bouclés blonds encadraient son visage, tandis qu’un tatouage ornait l’intérieur de son bras droit. Ce symbole, à présent l’un des emblèmes de notre illustre maison, était celui de ses ancêtres et de sa famille. Il l’avait obtenu lors de ses 15 ans, comme le voulait la tradition familiale marquant le passage de l’enfance à l’âge adulte. À l’image de ces contrées nordiques, le jeune homme était calme, souvent laconique comme les steppes enneigées mais il pouvait aussi se révélait cinglant et glacial comme le blizzard. Baigné par la culture de ses parents, l’apprentissage était pour lui une source inépuisable de plaisir. À ses yeux la réussite s’offrait à qui s’en donnait les moyens et n’était qu’une question de volonté.

« Vouloir, c’est pouvoir. »

Un soir de pleine lune, alors que sa famille campait sur la route de leur prochaine destination, Dagmar vécut la plus terrible nuit de son existence. La journée avait pourtant commencé sous de bons auspices. Son frère et sa sœur avaient bondi de joie lorsqu’un majestueux oiseau bleuté les avait survolés en laissant derrière lui une longue traine de flocons de neige. « Un cryophoenix ! Un cryophoenix ! » scandaient-ils la voie tremblante. Cet animal mythique peuplait les récits de leurs parents où il n’apparaissait qu’aux valeureux. Moins expansif, Dagmar jubila en silence en se contenant de sourire les yeux brillants.
Plus tard, le repas commençait à peine quand surgirent trois hommes dans la lueur de la lune. Dagmar perçut immédiatement qu’ils n’étaient pas là par hasard. L’un d’entre eux s’adressa à Björn en exigeant qu’il lui remette les runes en sa possession. Le père refusa catégoriquement de livrer ses objets sacrés pour sa famille. Il hurla aux siens de s’enfuir. Dans un craquement d’os, les bandits se métamorphosèrent en Fenrir, de sadiques lycanthropes nordiques. Ce fut un massacre sanglant auquel seul le jeune Dagmar survécut. Voyant sa famille se faire dévorer, la rage le submergea, son tatouage se nimba de flammes bleutées et des éclairs foudroyants surgirent de ses doigts alors que les griffes de son assaillant lui entaillaient le visage en travers de l’œil gauche. Deux des Fenrirs moururent sur le coup. Le troisième fut projeté au loin et s’enfuit en jappant. Dagmar prit son courage à deux mains pour se lancer à la poursuite du survivant mais s’effondra, tétanisé, à cause de sa blessure. La lycanthropie l’envahissait… Alors qu’il agonisait, une lueur d’espoir apparut dans un bruissement d’ailes. Un cryophoenix ému par la bravoure et la volonté du jeune garçon vint se poser à ses côtés. La créature l’observa d’un regard perçant et versa délicatement quelques larmes sous la forme de flocons qui flottèrent jusqu’à la blessure. Le jeune homme hurla de douleur tandis que la plaie se couvrait de givre.

Quelques heures plus tard, Dagmar reprit connaissance, étourdi, seul et guéri. En se relevant il trouva une plume d’un bleu de givre. Un frisson parcourut ses doigts quand il la ramassa mais cela n’avait rien de commun avec le froid glacial qui poignarda son cœur lorsqu’il s’avança vers les corps de sa famille. Il aperçut le sac de runes, l’empoigna, l’observa un instant et le jeta plein de rage. Ces vieilles babioles venaient de lui faire perdre tous ses proches ! Déversées sur le sol, les runes se mirent à briller et léviter faiblement. Étonné, encore choqué, Dagmar s’abrita dos à un sapin.
Les runes retombèrent sur le sol au bout de quelques secondes. Curieux, le jeune homme s’approcha avec précaution quand la brume prit soudainement forme accompagnée d’une voie spectrale :

« Approche ! Viens vers moi. »

Le garçon sursauta et s’exclama :

« Montrez-vous ! Qui que vous soyez ! »

« Derrière toi mon garçon. Tu ne reconnais pas la voix de ton grand-père ? », répliqua la forme.

En voulant fuir, Dagmar trébucha et s’étala dans la neige fraiche. Le spectre approcha, ses contours se précisèrent et Dagmar reconnut Ragnar, le père de son père.

« N’aie crainte. Tout te sera expliqué. Notre famille est particulière. »

Sous le regard attentif et apeuré de son petit-fils, le grand-père se lança dans de vastes explications. Il lui apprit que leur famille comptait de nombreux « völurs », les sorciers scandinaves, et que, comme lui, Dagmar était l’un d’entre eux. Son père n’avait pas eu la chance de posséder ce don mais il lui avait transmis. Depuis des générations leurs pouvoirs reposaient sur la maîtrise des runes qui leur offrait des dons de divination, de nécromancie ainsi qu’une affinité avec la foudre. Leur tatouage familial permettait de focaliser cette magie et les protégeait contre les sorts les plus obscurs. Plus encore, une part des esprits des ancêtres de la famille étaient préservés dans ces petites pierres gravées afin de guider chaque nouvelle génération. À son tour Dagmar allait être formé. À cet instant tout cela lui importait peu. Tous les pouvoirs du monde ne paraissaient pas en mesure de lui ramener ses proches et il se résigna à leur offrir des funérailles dignes de ce nom. Dans une clairière isolée, non loin du drame, il édifia un vaste autel de bûches sur lequel il déposa les restes de ses proches. Malgré l’insistance de Ragnar il s’obstina à allumer le feu sans user de magie. La légende dit qu’il ne se reposa pas avant que la dernière braise ne fut éteinte. Marqué à vie par ces évènements, Dagmar proclama qu’il ferait tout pour éviter que son histoire ne se reproduise. Il ne lui fallut pas longtemps pour décider d’utiliser ces nouveaux pouvoirs afin de venger sa famille et de devenir le plus redoutable des magiciens chasseurs de lycanthropes. Rien n’arrêterait son ambition !

Une nuit, après un entrainement exténuant, il eut une vision. Il vit le Fenrir survivant voguant vers le sud sur un drakkar, entouré de guerriers germains armés jusqu’aux dents partant à l’assaut des restes de l’Empire romain. Il y entendit le prénom de sa cible : Sverre. À son réveil, il sut ce qu’il lui restait à faire pour accomplir sa quête. À son tour il devait s’infiltrer parmi les tribus guerrières, naviguer vers le sud lointain et éliminer cet être abominable. Guidé par Ragnar, il se mit en marche. Avant de quitter définitivement la forêt boréale pour rejoindre les plaines méridionales puis le littoral, le vieux spectre lui fit faire un détour vers un lieu alors tenu secret par les völur mais qui est à présent bien connu des sorciers d’Occident : la clairière d’Yggdrasil, « l’arbre monde ». Ce chêne hors-normes était alors à son apogée. Les érudits actuels, comme Siméon de Wurtzbourg, le considèrent comme l’un des exemples de proto-portoloin les plus anciens. Avec l’approbation froide des dökkalfars, les aelfes sombres dont on sait bien qu’il ne reste aujourd’hui que quelques représentants, le grand-père fantomatique fit prélever à Dagmar une fine branche de l’arbre vénérable. Il lui enseigna comment la transformer en une baguette rigide de dix bons pouces, à l’apparence anodine, dont le catalyseur serait la plume de cryophenix. L’apprenti völur était prêt pour affronter son destin.

Le mois suivant Dagmar embarquait sur un drakkar et quittait définitivement la Scandinavie sans le savoir. Avec son périple commença une vie d’aventure de plusieurs années qui lui permit de maîtriser et d’aiguiser ses capacités. Il ne nous est parvenu que très peu d’informations sur cette période de sa vie. L’on sait qu’il vivait régulièrement les atrocités perpétrées par Sverre durant ses songes. Et, mis à part l’épisode de la « trouée de Frise » où il utilisa sa baguette pour dissimuler dans la brume son équipage aux yeux des troupes du roi Ælle qui partait pour l’Angleterre, ou encore celui de la « terreur franque » où, sur la route du Cambrésis, il assista Clovis, un jeune prince franc appelé a resté dans l’Histoire, qui était aux prises avec un épouvantard. Cette époque reste très vague à nos yeux.
On retrouve les traces du fondateur de la maison lors de son arrivée à Saint-Quentin lorsque cette cité, qui portait encore le nom d’Augusta Viromanduorum, traversait de grandes difficultés. Elle ne profitait pas encore de la renommée de Quintinus qui lui donna son nom actuel ainsi que sa prospérité grâce au culte de ses reliques. Plusieurs chroniqueurs sorciers comme Odoacre de Lislet dans son Historia Francorum in Gallia Magia vers 490, Irénée de Beauvais dans son Maleficis artibus in comitatu Clovis en 532 ou même, bien plus tard vers 990, le moldu Dudon de Saint-Quentin dans son De moribus et actis primorum Normanniae ducum évoquent sa présence de manière équivoque ou implicite.
En pleine période de construction du royaume franc, la ville subissait régulièrement des assauts. Les pillages et les incendies étaient choses communes. Le dernier en date l’avait livrée à une bande venue du nord. Sverre était parmi eux, profitant du carnage pour se nourrir tout en
dissimulant ses traces. Dagmar le savait, il l’avait vu. Il s’engagea dans les troupes de Clovis pour reprendre la ville. Depuis toutes ces années jamais il n’avait été plus proche de son objectif. Il arriva dans la ville une nuit de pleine lune. Son tatouage le brûlait. Sverre n’était pas loin. Durant les combats il fut bousculé, son sac de runes s’ouvrit et se répandit sur le sol. Alors qu’il les ramassait, quelqu’un lui bondit dessus.
Il était repéré par son ennemi.

Le jeune völur dégaina sa baguette tandis que le fenrir se métamorphosait. La bataille s’engagea.
Dagmar tenta un sort de paralysie qui fut esquivé d’une parade sauvage. La créature se lança à sa poursuite toutes griffes dehors. Pour se protéger le garçon s’élança dans une ruelle étroite. En esquissant sèchement une rune, il renversa le contenu d’une charrette pour gagner du temps. Puis il s’engouffra dans une maison en flamme où il élabora un piège. Il jeta en l’air quelques runes qui lévitèrent immédiatement. En combinant plusieurs d’entre elles, il pressentit le parcours de son ennemi et dessina un motif complexe sur les quelques draps qui traînaient par là. L’aura rougeâtre d’une rune d’alerte lui indiqua qu’il était temps de quitter les lieux. Il s’échappa par la porte de derrière tandis que les runes regagnaient la bourse de cuir attachée à sa ceinture. Quand le lycanthrope rentra dans la maison, le filet l’emmaillota comme un nourrisson. Pendant ce temps, Dagmar avait contourné la maison. Il brandit sa baguette au moment où la créature se libérait.
La foudre se déchaina et fit s’effondrer l’édifice. Le loup fut broyé sous les décombres, seule sa tête immense en émergeait. Ses crocs déchiraient encore vainement l’air quand le völur l’acheva d’un geste sec de sa baguette.
Sverre retrouva sa forme humaine en expirant un dernier mot : « Merci ».
Ce n’était que le premier d’une longue liste…

Partager :
Temps de lecture : 11 minute(s)